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Le pluralisme des médias en danger ?



Les médias de l’homme d’affaires Vincent Bolloré sont dans le collimateur du gouvernement. Le ministre de la Culture Rima Abdul-Malak a affirmé : « Il y a des obligations à respecter, il y a déjà eu une vingtaine d’interventions de l’ARCOM depuis 2019 pour C8 et CNews ». Pourtant sur le site de l’Autorité de Régulation de la COMmunication audiovisuelle et numérique (ARCOM), il est précisé qu’elle est « garante de la liberté de communication et d’expression dans les espaces audiovisuel et numérique ». Elle doit aussi « garantir le pluralisme des médias audiovisuels d’information ».


L’ARCOM a décidé le 9 février 2023 d’infliger une amende de 3,5 millions d’euros à la chaine C8 appartenant au groupe Bolloré. Lors d’une émission, Cyril Hanouna a reproché au député LFI Louis Boyard de critiquer Vincent Bolloré car Louis Boyard est un ancien chroniqueur de C8. Cyril Hanouna a rappelé que Louis Boyard acceptait volontiers de toucher un salaire lorsqu’il était employé par C8. Cependant l’ARCOM a estimé qu’il s’agissait d’une « atteinte aux droits de l’invité, au respect de son honneur et de sa réputation ». L’honneur de Louis Boyard a été évalué par l’ARCOM à 3,5 millions d’euros.


L’ARCOM a d’ailleurs la mission de « veiller aux responsabilités démocratiques et sociétales des médias audiovisuels ». Mais cette formulation ouvre la porte à une censure arbitraire des médias. Quelle est la définition de ces responsabilités démocratiques et sociétales ? Il existe une large possibilité d’interprétations. Ce flou pourrait surtout servir de prétexte pour pénaliser des médias d’opposition. La ligne éditoriale de C8 et CNews n’est pas appréciée par le pouvoir actuel qui se complaît dans le cosmopolitisme béat.


Si une chaine d’information donne la parole à des opposants politiques qui critiquent la doxa dominante, il est tentant de faire payer cette liberté d’opinion en multipliant les amendes. Une censure insidieuse pourrait ainsi s’imposer aux médias d’opposition. Il s’agirait de faire taire les opposants en s’attaquant à l’équilibre financier des chaines leur donnant la parole. De plus, il plane une menace sur la reconduction de la licence accordée à la chaine dont le renouvellement est prévu en 2025.


Dans une démocratie digne de ce nom, la liberté d’expression devrait rester un droit fondamental. Mais il existera toujours des tentations liberticides de la part des gouvernants pour limiter l’influence des opposants politiques.

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