L’interview présidentielle du 14 juillet 2022



Emmanuel Macron estime que la guerre en Ukraine va durer. Il a précisé que la France « sera toujours en situation d'aider l'Ukraine sur le plan humanitaire, économique et politique ». Emmanuel Macron a rappelé que la France cherche à éviter toute extension du conflit. Le chef de l'État ne veut pas entrer directement en confit avec une puissance nucléaire comme la Russie. Pour lui, « la seule chose à faire, c'est d'aider l'Ukraine et de sanctionner l'économie russe ». Le budget de l'armée « ne va pas diminuer, au contraire ». Il faudra notamment renforcer les stocks d'armes français pour faire face à des conflits de haute intensité.


Il faut aussi se préparer à une rupture totale des approvisionnements en gaz russe. Pour le président, « la Russie nous envoie un message clair. Elle utilisera le gaz comme un élément de cette guerre. Nous sommes dans une guerre hybride ». Emmanuel Macron justifie sa décision de construire de nouvelles centrales nucléaires. Il a rappelé que le modèle énergétique de la France était peu dépendant du gaz russe. Il a ensuite précisé : « nous diversifions pour aller chercher du gaz ailleurs et nous sécurisons les apports, notamment de la Norvège, du Qatar, de l'Algérie et des États-Unis ».


Pour le chef de l'État, la première des réponses face à « l'urgence climatique » est d'appeler à la sobriété des consommations d'énergies et d'éviter les gaspillages, notamment pour l'éclairage des bâtiments publics. Emmanuel Macron veut également réformer le marché européen du prix de l'électricité, largement indexé sur le prix du gaz. Ce système fut longtemps vertueux lorsque le prix du gaz était bas mais il n’est plus adapté aujourd'hui. Le président s'engage également à aider ceux qui roulent beaucoup pour des raisons professionnelles. Il entend poursuivre la réforme du marché du travail pour accélérer la transition énergétique.


Emmanuel Macron annonce un texte de loi sur la réforme du travail à la fin de l'été et une série de réformes au cours du quinquennat autour de trois axes : le lycée professionnel, l'apprentissage et la formation continue. Il compte également aborder le sujet de la réforme du RSA, dont les allocataires « doivent s'engager ». Il a également annoncé le lancement de son Conseil national de la Refondation dès la fin de l'été qui doit réunir les forces politiques, économiques, sociales, associatives ainsi que des élus des territoires et des citoyens tirés au sort.


Sur le dossier des retraites, le président a confirmé son objectif de « progressivement décaler l'âge du départ légal obligatoire à la retraite jusqu'à 65 ans ». Le passage de 62 ans à 65 ans se fera progressivement jusqu’au début des années 2030. Les discussions avec les partenaires sociaux devraient débuter à la rentrée. Emmanuel Macron appelle « à des compromis responsables » en vue d'une entrée en vigueur à l'été 2023. Il a rappelé que la France a un des modèles sociaux le plus généreux d'Europe. Il considère que seule la création de richesses pourra le financer durablement ; et celle-ci nécessite une réforme des retraites.



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