Deux ans de présidence jupitérienne : une révolution ratée



Le 7 mai 2017, Emmanuel Macron était élu à la présidence de la république. Il avait écrit dans son livre Révolution : « Ce qui alimente la colère ou le rejet de nos concitoyens, c’est la certitude que le pouvoir est aux mains de dirigeants qui ne leur ressemblent plus, ne les comprennent plus, ne s’occupent plus d’eux. Tout notre malheur vient de là ». Emmanuel Macron a mis en œuvre des réformes visant à adapter l’économie française à la mondialisation. Des mesures pour réduire la fiscalité et pour libéraliser l’économie ont été prises. Le sobriquet de « président des riches » lui a ainsi été attribué. Mais l’augmentation de la CSG des retraités et une taxation écologique du carburant ont provoqué un fort mécontentement.


Les manifestations des gilets jaunes ont pour détonateur la hausse du carburant : des mesures de redistributions ont été prises avant et après le grand débat pour calmer la colère populaire. Mais les manifestations hebdomadaires se poursuivent depuis 6 mois. La crise n’est pas seulement fiscale et sociale, elle est aussi existentielle. Les gilets jaunes expriment le rejet du modèle de société qui leur est imposé : la société libérale-libertaire ne leur convient pas, surtout lorsque les dirigeants leur pourrissent la vie. Les bobos écolos veulent une société multiculturelle et ouverte à la mondialisation ; et les gilets jaunes veulent conserver leur cadre de vie. Les progressistes urbains s’affrontent aux conservateurs provinciaux. Les gilets jaunes sont la minorité agissante d’une majorité de Français.


Les gilets jaunes n’ont aucune raison d’arrêter la lutte car leurs revendications principales ne sont pas satisfaites : la démission de Macron n’est pas d’actualité, le référendum d’initiative citoyenne est refusé ainsi que le rétablissement de l’impôt sur les grandes fortunes. Les gilets jaunes sont injustement traités de nazis par le pouvoir macronien. Les expressions de « lèpre populiste » et de « peste brune » impliquent un rejet sans concession. Les pestiférés et les lépreux étaient isolés du reste de la population au Moyen-âge afin qu’ils ne contaminent pas les hommes sains. D’autre part, on ne discute pas avec des fascistes, il faut les combattre selon les progressistes auto-proclamés.


Dans ces conditions, la cause des malheurs des Français selon Macron n’a pas été traitée. Au contraire, le fossé entre les Français et les dirigeants s’est encore creusé. Emmanuel Macron est actuellement très impopulaire. Sa cote de popularité se situe entre celle de Nicolas Sarkozy et celle de François Hollande après 2 ans de mandat. Le premier s’est représenté et il a été battu; et le second n’a pas pu se représenter. De quel côté va pencher Emmanuel Macron ?


C’est sans importance car dans les deux cas, il n’est pas réélu. La caste au pouvoir pourrait être tentée de promouvoir un nouveau candidat pour la prochaine présidentielle afin de sauver le système. Mais il se peut que les Français déjouent cette manœuvre !

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