La privatisation d’ADP : un symbole de perte de souveraineté



La privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP) a été adoptée au parlement dans le cadre de la loi Pacte. ADP génère 4,5 milliards de chiffre d’affaires et regroupe 3 aéroports (Charles de Gaulle, Orly et Le Bourget), 1 héliport (Issy-les-Moulineaux) et 10 aérodromes. L’État détient actuellement 50,63% du capital d’ADP. La vente pourrait rapporter de 9 à 10 milliards d’euros. En fait, il s’agirait d’une concession : l’exploitation serait confiée au privé mais les infrastructures reviendraient à l’État au terme d’une période de 70 ans.


Cette vente permettra de diminuer la dette de l’État français. Mais il ne percevra plus les dividendes versés chaque année (173 millions d’euros en 2017). Le choix de la double caisse a été fait : les profits tirés des activités commerciales vont aux actionnaires et ils ne peuvent pas servir au financement des investissements dans les activités aéroportuaires. Les redevances payées par les compagnies aériennes devront financer les modernisations. Cette vente répond aux injonctions de la commission de Bruxelles qui veut faire respecter un déficit budgétaire de l’État limité à 3% du PIB.


Une réaction politique inédite s’est produite : 218 parlementaires ont initié une procédure de référendum d’initiative partagée (RIP) pour s’opposer à la privatisation d’ADP. Le Conseil constitutionnel doit se prononcer sur la constitutionnalité de l’article portant sur la privatisation d’ADP. Le référendum doit être validé par 10% du corps électoral, soit 4,7 millions de signatures à recueillir. Ensuite le Conseil constitutionnel se prononce sur la conformité des signatures. Enfin un référendum pourrait être organisé pour que le peuple français se prononce sur la privatisation d’ADP.


Le gouvernement semble se complaire dans les provocations. La privatisation d’ADP est un projet qui provoque l’opposition des gilets jaunes. De plus, cette loi a permis la coalition des oppositions de droite et de gauche au parlement. Le pouvoir macronien ne semble pas comprendre que la privatisation d’ADP est le symbole d’une perte de souveraineté. Le gouvernement apparait en même temps aux ordres de l’étranger et sourd aux demandes des Français. Ce quinquennat finira mal !

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